Alors que la Tunisie s’apprête à franchir un cap décisif dans sa transition énergétique, le Palais de la Kasbah a été le théâtre d’une avancée majeure pour les acteurs du photovoltaïque. Entre enjeux de souveraineté et accélération des concessions, décryptage d’une session du comité qui redessine la carte solaire du pays.
Le soleil tunisien : une ressource en attente de ses champions
Imaginez une terre où le soleil brille plus de 3 000 heures par an, mais où la facture énergétique nationale reste lourdement dépendante des fluctuations du gaz naturel importé. C’est ce paradoxe que le gouvernement tunisien s’efforce de briser. L’annonce faite cette semaine n’est pas qu’une simple formalité administrative ; c’est le signal d’un déblocage opérationnel attendu depuis des mois.
La réunion cruciale du Comité suprême pour la production privée d’électricité, présidée par le Chef du Gouvernement, Kamel Madouri, marque un tournant. Il ne s’agit plus de simples intentions, mais de la validation concrète de projets sous le régime des concessions. Pour les investisseurs et les ingénieurs, c’est le coup d’envoi d’une nouvelle ère industrielle.
Ce qu’il faut retenir de ce conseil de guerre énergétique
Le Comité a passé au crible les dossiers les plus stratégiques du pipeline actuel. L’objectif est clair : atteindre 35 % de part de renouvelables dans le mix électrique à l’horizon 2030. Mais au-delà des chiffres, c’est la méthode qui change.
1. L’approbation des projets de concession
Plusieurs projets de centrales solaires photovoltaïques de grande envergure ont reçu le feu vert technique et administratif. Ces projets, portés par des consortiums internationaux et locaux, représentent des investissements directs étrangers (IDE) massifs. Pour le professionnel du secteur, cela signifie des opportunités imminentes en matière d’EPC (Engineering, Procurement, and Construction) et de maintenance.
2. La simplification des procédures : le « Fast-Track » tunisien
Le Chef du Gouvernement a insisté sur la levée des obstacles bureaucratiques. Le message est limpide : la transition énergétique est une priorité de sécurité nationale. Le Comité a ainsi validé des mécanismes visant à accélérer le raccordement au réseau de la STEG, un point qui restait jusqu’ici un goulot d’étranglement pour de nombreux développeurs.
Pourquoi cette annonce change la donne pour les professionnels ?
Pour un développeur de projet ou un fournisseur de solutions solaires, cette réunion apporte trois garanties essentielles :
- Visibilité législative : En réaffirmant le rôle du Comité Suprême, l’État consolide le cadre juridique de la production privée (Loi 2015-12).
- Crédibilité bancaire : Les institutions financières internationales (BAD, BERD, IFC) scrutent ces décisions. Une approbation par le Comité Suprême est souvent le sésame nécessaire pour le « closing » financier.
- Dynamisation du marché local : Ces grands projets de concession créent un effet d’entraînement pour les sous-traitants locaux spécialisés dans le montage, le câblage et la logistique.
L’indépendance au bout des cellules
Derrière les termes techniques de « régime de concession » et de « puissance installée », il y a une histoire de résilience. Chaque mégawatt installé grâce à ces décisions réduit le déficit commercial de la Tunisie. Pour le professionnel qui installe ses panneaux sous le ciel de Gafsa ou de Tataouine, cette réunion à Tunis est le vent favorable qui permet de passer du plan de masse à la réalité du chantier.
C’est une course contre la montre. La décarbonation de l’industrie tunisienne, cruciale pour maintenir ses exportations vers l’Europe (notamment avec la taxe carbone aux frontières), dépend directement de la réussite de ces concessions solaires.
L’expertise au service de la fiabilité
La Tunisie ne se contente plus de tester des prototypes ; elle déploie une stratégie d’infrastructure à l’échelle nationale. La rigueur technique imposée par le Comité Suprême garantit que seuls les projets viables et techniquement robustes seront connectés, préservant ainsi la stabilité du réseau national.
Conclusion : Un horizon dégagé
La réunion cruciale du Comité suprême pour la production privée d’électricité a rempli sa mission : transformer l’ambition politique en feuille de route opérationnelle. Pour vous, professionnels, le message est clair : le marché tunisien passe à la vitesse supérieure. La question n’est plus de savoir si la Tunisie deviendra un hub solaire, mais à quelle vitesse vous intégrerez cette transformation.
Source : Portail du Premier Ministère de la République Tunisienne
Pour savoir plus d´actualités National: solarbox.com.tn/category/actualites/national/

