Le soleil dans le réservoir : une révolution de mobilité électrique silencieuse s’amorce
Imaginez un réseau routier où les véhicules se déplacent sans émettre la moindre particule polluante, directement propulsés par l’énergie du soleil captée sur nos toits. Ce scénario, qui semblait futuriste il y a encore quelques années, est en train de devenir le socle stratégique de la transition énergétique tunisienne.
Le secteur des transports est traditionnellement l’un des plus gourmands en combustibles fossiles et l’un des plus grands émetteurs de carbone. Pour briser cette dépendance et concrétiser le couplage crucial entre énergies renouvelables et transports, l’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Énergie organise le troisième atelier national dans le cadre de l’élaboration de la stratégie nationale pour le développement de la mobilité électrique.
Ce rendez-vous clé rassemble décideurs, experts du photovoltaïque et acteurs industriels autour d’un objectif clair : valider la feuille de route opérationnelle qui façonnera la mobilité de demain.
Un tournant stratégique pour la transition énergétique et l’industrie photovoltaïque
La montée en puissance du véhicule électrique ne représente pas seulement une évolution technologique : c’est un véritable changement de paradigme. L’intégration de la recharge intelligente à partir de centrales solaires photovoltaïques constitue le véritable moteur d’une autonomie énergétique durable.
Lors de l’ouverture des travaux à Tunis, M. Nafaâ Baccari, Directeur Général de l’ANME, a rappelé la portée de cette initiative :
« L’élaboration de cette stratégie constitue une étape déterminante vers la mise en place d’un système de mobilité durable et à faibles émissions, contribuant ainsi directement à l’atteinte des objectifs de la transition énergétique nationale. »
Quels bénéfices majeurs pour l’écosystème national ?
Selon M. Abdelhamid Gannouni, Directeur de l’Efficacité Énergétique dans les secteurs du Transport et de l’Agriculture à l’ANME, les retombées de cette stratégie s’étendent bien au-delà de la simple réduction des émissions :
- Soutien massif à l’investissement local : Opportunités d’innovation pour les intégrateurs solaires, les fabricants de bornes de recharge et les installateurs électriques.
- Création d’emplois qualifiés : Émergence de nouveaux métiers à la croisée du photovoltaïque, de la gestion du réseau (smart grid) et de la maintenance automobile.
- Souveraineté et sécurité énergétiques : Réduction significative de la facture d’importation des carburants fossiles au profit d’une électricité verte produite localement.
- Amélioration de la qualité de vie : Diminution de la pollution de l’air en milieu urbain et baisse des nuisances sonores.
De l’étude à l’action : le plan opérationnel en débat
Ce troisième atelier marque une étape charnière. Il ne s’agit plus de débattre des concepts théoriques, mais d’examiner les résultats finaux de l’étude de faisabilité et d’arrêter un plan d’action concret.
Les représentants des ministères, organismes publics, partenaires technologiques et acteurs privés ont concentré leurs échanges sur quatre axes fondamentaux :
- La hiérarchisation des priorités : Identifier les segments de transport prioritaires (flottes publiques, véhicules commerciaux, mobilité privée).
- Le cadre réglementaire et d’incitation : Simplifier les procédures d’installation de bornes de recharge privées et publiques, tout en encourageant l’autoconsommation photovoltaïque.
- La stabilité du réseau électrique : Étudier l’impact des charges de recharge sur le réseau national et favoriser le stockage d’énergie et la recharge intelligente.
- La coordination intersectorielle : Mettre en place un mécanisme permanent de concertation entre les acteurs de l’énergie, du transport et du secteur privé.
L’opportunité attendue par les acteurs du solaire
Ce plan d’action ouvre un champ d’innovation considérable. L’association des installations photovoltaïques (PV) et du stockage par batterie (BESS) aux infrastructures de recharge rapide permettra de créer des stations de charge autonomes et décentralisées.
En alignant sa politique énergétique sur les exigences climatiques mondiales, la Tunisie pose les jalons d’un marché dynamique, créateur de valeur et ancré dans le développement durable.
Source officielle : Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Énergie (ANME)
Pour savoir plus d’actualités National : solarbox.com.tn/category/actualites/national/

