Alors que le soleil de midi surplombe le Sahara, une mutation silencieuse mais profonde s’opère au Caire. L’Égypte n’est plus seulement une terre d’histoire, elle devient le laboratoire à ciel ouvert d’une transition énergétique accélérée, orchestrée par un cadre réglementaire de plus en plus sophistiqué.
L’éveil d’un géant énergétique
Pendant des décennies, le paysage énergétique de l’Egypte a été dominé par les hydrocarbures. Mais aujourd’hui, le récit change. Imaginez des milliers d’hectares de silicium captant l’énergie d’un des gisements solaires les plus denses au monde. Ce n’est pas un mirage : c’est la stratégie nationale qui prend vie. Pour le chercheur ou le professionnel du photovoltaïque, comprendre les rouages de cette transformation est essentiel, car ce qui se joue ici servira de modèle pour tout le continent.
Le cadre régulateur : Le moteur de la confiance
Au cœur de cette dynamique se trouve EgyptEra (l’Agence de régulation du secteur de l’électricité et de la protection des consommateurs). Sa mission ? Transformer une ressource naturelle brute en un marché structuré, prévisible et bancable.
Pour tout expert du secteur, la stabilité d’un marché dépend de trois piliers que l’Egypte a su consolider :
- Le Système de Net Metering (Mesure Nette) : Ce mécanisme permet aux producteurs privés de réinjecter leur excédent d’énergie dans le réseau. C’est le catalyseur de l’autoconsommation industrielle, un segment en pleine explosion.
- Le Tarif d’Achat (Feed-in Tariff) : Bien que ce modèle ait évolué, il a posé les bases de projets monumentaux comme Benban, assurant une rentabilité à long terme pour les investisseurs internationaux.
- Le Système de Wheeling (Transport d’énergie) : Une avancée majeure permettant aux producteurs privés d’utiliser le réseau public pour vendre de l’électricité directement à des consommateurs tiers.
Pourquoi les professionnels misent-ils sur l’Egypte ?
La question de la réglementation photovoltaïque Égypte ne concerne pas seulement les chiffres, elle touche à la viabilité technique des infrastructures. Les chercheurs s’intéressent particulièrement à l’harmonisation des standards de connexion au réseau. EgyptEra a mis en place des codes de réseau rigoureux qui garantissent que l’injection massive d’énergie intermittente ne déstabilise pas la fréquence nationale.
C’est ici que l’expertise technique rencontre la vision économique. Les incitations pour centrales solaires Égypte ne sont plus de simples subventions, mais des outils de gestion de la demande. Pour un ingénieur, cela signifie concevoir des systèmes plus intelligents, capables de répondre aux exigences de flexibilité du réseau égyptien.
Les défis : Entre poussière et stockage
Travailler sur le marché égyptien demande une compréhension fine des contraintes locales. Le « storytelling » du solaire ici n’est pas sans embûches : la gestion de l’albédo, l’encrassement par le sable et la chaleur extrême imposent des choix technologiques spécifiques (modules bifaciaux, systèmes de nettoyage automatisés).
De plus, la transition énergétique marché égyptien entre dans une phase cruciale : l’intégration du stockage d’énergie (BESS). Les professionnels scrutent désormais les futures annonces d’EgyptEra concernant les tarifs de pointe et le stockage, car c’est là que réside la prochaine frontière de la rentabilité.
Un écosystème en pleine maturité
Le sentiment qui prédomine chez les acteurs du terrain est celui d’une maturité acquise. On ne parle plus de « projets pilotes », mais de gigawatts. L’Egypte a réussi à créer un environnement où le risque réglementaire est maîtrisé, attirant ainsi les capitaux les plus exigeants.
Pour qu’il soit développeur de projet ou consultant technique, l’Egypte offre une visibilité rare dans la région. Le pays ne se contente pas de suivre les tendances mondiales ; il les adapte à une échelle colossale, faisant de chaque projet une référence internationale.
Ce qu’il faut retenir pour vos prochains projets
Si vous envisagez une expansion ou une étude de cas dans la région, gardez à l’esprit ces points clés :
- La décentralisation : Le marché s’oriente vers le C&I (Commercial & Industriel) grâce au cadre de la mesure nette.
- La transparence : Les processus de licence via EgyptEra sont de plus en plus digitalisés et clairs.
- L’intégration locale : Il existe une volonté croissante d’intégrer des composants fabriqués localement, ce qui influence les chaînes d’approvisionnement.
En conclusion, l’Egypte ne se contente pas de briller sous le soleil ; elle apprend à le dompter par la loi et la technique. Pour nous, professionnels du photovoltaïque, c’est un terrain d’opportunités sans précédent où la rigueur réglementaire rencontre une ambition sans limite.
Source :egyptera.org/ar/FSIS.aspx
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