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Projet solaire (100 MW) en Tunisie : le grand tournant

Projet solaire (100 MW) en Tunisie : le grand tournant

La transition énergétique maghrébine franchit un nouveau cap. Grâce à un investissement stratégique de 96 millions d’euros, une nouvelle centrale de 100 MW va bientôt illuminer le gouvernorat de Sidi Bouzid, redessinant l’avenir du photovoltaïque tunisien.

Le désert tunisien, nouveau moteur vert de l’Afrique

Imaginez une étendue semi-aride où le soleil ne se contente plus de chauffer la terre, mais où il commence à alimenter des milliers de foyers en électricité propre. Ce scénario n’a rien d’une utopie lointaine : il s’écrit aujourd’hui même dans le gouvernorat de Sidi Bouzid.

Alors que la Tunisie s’est fixé l’objectif ambitieux de porter la part des énergies renouvelables à 35 % de sa production électrique d’ici 2030, un consortium international vient de poser une pierre angulaire de cet édifice. L’annonce officielle est tombée : la confirmation d’une participation au troisième projet solaire IPP (100 MW) en Tunisie, baptisé Sidi Bouzid II. Pour les professionnels du secteur, cette annonce n’est pas une simple transaction financière, c’est le signal fort d’une accélération du marché tunisien.

Une alliance de géants pour sécuriser le réseau

Au cœur de cette opération industrielle, nous retrouvons une synergie remarquable entre des acteurs de premier plan mondial :

  • AEOLUS : La coentreprise née de l’alliance entre le mastodonte japonais Eurus Energy et le groupe CFAO.
  • Scatec ASA : Le leader norvégien des énergies renouvelables, qui codétiendra le projet à parts égales (50/50).

Ce tandem n’en est pas à son coup d’essai. En intégrant le projet Sidi Bouzid II, AEOLUS double d’un coup sa capacité en Tunisie, faisant grimper son portefeuille local à 200 MW (en comptant les projets de Tozeur et de Sidi Bouzid Mezzouna).

Pour vous, professionnels et partenaires indirects de la filière, cela démontre une confiance institutionnelle inébranlable dans la viabilité technique et le cadre réglementaire des contrats IPP (Independent Power Producer) en Afrique du Nord. La production de la centrale (120 MWc en puissance crête) sera d’ailleurs vendue à la STEG (Société Tunisienne de l’Électricité et du Gas) dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité (PPA) sur une durée de 25 ans.

Un modèle de financement non-recours de 96 millions d’euros

Comment mobiliser 96 millions d’euros dans le contexte économique actuel ? La réponse réside dans une architecture financière robuste et multilatérale. Le projet bénéficie d’un financement par dette de type « non-recours », soutenu par :

  • La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD)
  • La Banque Européenne d’Investissement (BEI)

L’Union Européenne apporte également sa pierre à l’édifice via le mécanisme de garantie EFSD+ et une subvention de 5,5 millions d’euros issue de la Plateforme d’Investissement pour le Voisinage (PIV), spécifiquement dédiée aux infrastructures de raccordement au réseau électrique.

Plus fascinant encore pour les experts en conformité carbone : le projet a été sélectionné dans le cadre du mécanisme de crédit conjoint (JCM) soutenu par le ministère de l’Environnement du Japon. Ce système subventionne une partie des investissements technologiques en échange d’un suivi rigoureux (Mesure, Rapport et Vérification – MRV) des réductions d’émissions de gaz à effet de serre. Enfin, pour parer aux risques géopolitiques et financiers, l’agence MIGA du groupe de la Banque Mondiale fournit les garanties sur les capitaux propres.

Ce que cela change pour l’écosystème photovoltaïque local

Pour les installateurs, ingénieurs, logisticiens et décideurs d’Afrique du Nord et d’Europe, la mise en service commerciale prévue pour la seconde moitié de 2027 ouvre des opportunités concrètes.

  1. Développement des compétences locales : La construction de l’infrastructure de transmission associée va stimuler l’ingénierie locale.
  2. Stabilité du réseau électrique : L’injection de 100 MW de source stable contribue à la modernisation du réseau national tunisien.
  3. Attractivité des investissements futurs : Ce projet valide le fait que la Tunisie est un terrain mûr pour des financements internationaux de grande envergure.

En réduisant sa dépendance aux énergies fossiles importées, la Tunisie prouve qu’avec un cadre juridique clair et des partenariats industriels solides, le soleil peut devenir la ressource la plus rentable et la plus stable du pays. La course vers le gigawatt vert au Maghreb est définitivement lancée.

Source officielle : eurus-energy.com

Pour savoir plus d’actualités national : solarbox.com.tn/category/actualites/national/

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