Après des années d’hésitation entre le charbon et les énergies vertes, l’Indonésie arrive à un tournant historique. L’année 2026 marquera-t-elle enfin le décollage massif du solaire dans l’archipel ? Analyse d’un géant au pied du mur.
Imprimez cette image dans votre esprit : un archipel de 17 000 îles, baigné par un soleil tropical généreux, mais dont les cheminées des centrales à charbon continuent de barrer l’horizon. C’est le paradoxe indonésien. Pendant une décennie, le pays a semblé piégé dans un « labyrinthe fossile ». Mais selon un récent rapport de l’IEEFA, le vent est en train de tourner. 2026 ne sera pas une année comme les autres : c’est l’année du pivot.
L’heure de vérité pour la transition d’énergie en Indonésie
Pendant longtemps, parler de transition d’énergie en Indonésie revenait à évoquer un mirage lointain. Malgré des promesses de neutralité carbone, la réalité du terrain restait dominée par une surcapacité de charbon et des réglementations freinant l’autoconsommation photovoltaïque. Pourtant, le décor change. La pression des investisseurs internationaux et les engagements du partenariat JETP (Just Energy Transition Partnership) forcent Jakarta à revoir sa copie.
Pourquoi 2026 est-elle la date charnière ? C’est le moment où les réformes structurelles du réseau électrique, attendues par tous les spécialistes du photovoltaïque en Asie du Sud-Est, devront impérativement porter leurs fruits pour éviter un décrochage économique face aux voisins comme le Vietnam.
Le solaire : de l’ombre à la lumière
Le potentiel solaire indonésien est colossal (estimé à plus de 3 000 GW), mais son exploitation est restée marginale. Pour les professionnels du secteur, le verrou n’est pas technique, il est politique et normatif.
- Le défi du réseau partagé : L’une des clés du pivot de 2026 réside dans l’accès partagé au réseau de transmission. Actuellement, la mainmise de la compagnie nationale PLN freine les projets privés. Une ouverture permettrait de libérer des milliards de dollars d’investissements.
- La chute des coûts : Avec des modules photovoltaïques de plus en plus compétitifs, le solaire n’est plus seulement « propre », il est devenu économiquement imbattable.
- L’essor du flottant : Les projets de solaire photovoltaïque flottant sur barrages se multiplient, offrant une solution élégante au manque de disponibilité foncière sur les îles denses comme Java.
Un enjeu de compétitivité régionale
Pour un cadre dirigeant ou un consultant en énergie, l’enjeu dépasse l’écologie. C’est une question de survie industrielle. Les grandes entreprises mondiales exigent désormais une électricité décarbonée pour installer leurs usines ou leurs centres de données. Si l’Indonésie rate son virage en 2026, elle risque de voir ces capitaux s’envoler vers des pays plus avancés dans leur déploiement de capacités renouvelables.
Le message de l’IEEFA est clair : le pays ne peut plus se contenter de demi-mesures. Le passage d’une économie dépendante des ressources minières à une nation leader des énergies vertes demande du courage politique et une transparence accrue dans les appels d’offres.
Ce que les professionnels doivent surveiller
Si vous opérez dans l’écosystème énergétique, gardez un œil sur ces trois indicateurs d’ici 2026 :
- La réforme des tarifs d’achat (Feed-in Tariffs) : Sont-ils enfin incitatifs pour le solaire à grande échelle ?
- La décentralisation énergétique : Les solutions de stockage par batterie commencent-elles à stabiliser les réseaux insulaires ?
- La mise à jour du RUPTL (Plan d’approvisionnement électrique) : Quelle part réelle sera accordée au photovoltaïque face au gaz et au charbon ?
Conclusion : Un pari sur l’avenir
L’Indonésie est à la croisée des chemins. 2026 pourrait être l’année où le premier exportateur mondial de charbon thermique commence sérieusement à « exporter son soleil » via des interconnexions régionales. Pour les acteurs du solaire, c’est le moment de se positionner sur un marché qui, une fois libéré, pourrait devenir le moteur de croissance de toute la zone APAC.
La transition n’est plus une option, c’est une course contre la montre. Et le compte à rebours a déjà commencé.
Source:ieefa.org/
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