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15.4 Million Dinars pour le solaire : le pacte ANME-SOTUGAR

15.4 Million Dinars pour le solaire : le pacte ANME-SOTUGAR

Imaginez un chef d’entreprise à Sfax ou un hôtelier à Djerba. Tous deux scrutent avec inquiétude leurs factures d’électricité qui ne cessent de grimper. Ils savent que le soleil tunisien, généreux et gratuit, est la solution. Mais au moment de franchir le pas du photovoltaïque, un mur se dresse : celui du financement, historiquement en l’absence de mécanismes de garantie portés par des acteurs comme la SOTUGAR. « Trop risqué », « Dossier complexe », répondent souvent les banques.

Un nouveau partenariat entre l’ANME et la Compagnie tunisienne de garantie SOTUGAR/COTUGAR

L’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Énergie (ANME) et la Compagnie Tunisienne de Garantie (SOTUGAR/COTUGAR) ont scellé une alliance stratégique mobilisant une enveloppe de 15.4 millions dinars. Ce n’est pas simplement une ligne budgétaire supplémentaire ; c’est un signal fort envoyé au marché financier et aux professionnels du secteur.

Ce fonds de garantie a un objectif clair : dé-risquer l’investissement vert. En couvrant une partie substantielle des risques de crédit, l’État tunisien encourage les banques de la place à ouvrir plus largement les vannes du crédit pour les projets de transition énergétique.

Pourquoi cette garantie change la donne pour le secteur photovoltaïque ?

Pour qu’il soit consultant, banquier ou fournisseur d’équipements — ce partenariat agit comme un catalyseur. Voici pourquoi :

  • Réduction du coût du capital : En diminuant le risque pour le prêteur, on favorise des taux d’intérêt plus compétitifs pour l’emprunteur final (PME, industries, ménages).
  • Accessibilité aux PME : Les petites et moyennes entreprises, souvent dépourvues de garanties réelles lourdes (hypothèques), peuvent désormais s’appuyer sur ce fonds pour financer leurs centrales en autoconsommation.
  • Accélération des délais : Un mécanisme de garantie pré-établi entre l’ANME et la SOTUGAR fluidifie l’examen des dossiers bancaires.

Une expertise technique au service de la fiabilité 

En tant qu’observateurs du marché depuis 15 ans, nous savons que la pérennité d’un système photovoltaïque ne dépend pas seulement de la qualité des panneaux Tier 1, mais de la solidité du montage financier. Ce nouveau dispositif s’inscrit dans la lignée du Fonds de Transition Énergétique (FTE), mais avec une puissance de frappe accrue.

La rigueur de l’ANME dans la certification des installateurs, couplée à l’expertise de la SOTUGAR en gestion des risques, garantit que seuls les projets techniquement viables seront soutenus. C’est une assurance de qualité pour l’ensemble de l’écosystème solaire tunisien.

Si vous êtes un acteur du marché, ce partenariat est une aubaine pour votre carnet de commandes. Les clients qui hésitaient à cause de l’apport personnel ou de la frilosité de leur banquier disposent désormais d’un argument de poids.

Ce partenariat entre l’ANME et la SOTUGAR ne se limite pas à un simple soutien financier ; il actionne trois leviers de croissance qui vont transformer le paysage industriel tunisien.

D’abord, il va libérer le potentiel du financement photovoltaïque en Tunisie, particulièrement pour les installations de moyenne puissance — entre 50 et 500 kWc — qui constituent le cœur battant de nos PME. En apportant une garantie de crédit robuste pour la transition énergétique, ce dispositif lève enfin la réticence des banques commerciales, fluidifiant ainsi l’acceptation des dossiers de prêt.

À l’horizon 2026, cette aide stratégique de l’ANME devient une véritable armée de compétitivité : elle permet à nos industriels d’accélérer leur décarbonation, une étape désormais vitale pour protéger nos exportations contre les barrières de la taxe carbone européenne (MACF). En somme, c’est tout l’écosystème solaire qui gagne en maturité, en confiance et en résilience.

Vers une démocratisation de l’énergie verte

C’est une question de résilience nationale. Chaque kilowatt-heure produit sur un toit tunisien est un pas vers l’indépendance vis-à-vis du gaz importé? Pour le propriétaire d’une usine de textile ou d’une exploitation agricole, c’est la garantie de maintenir ses marges et ses emplois malgré la volatilité des prix de l’énergie.

Ce fonds de 154 Millions Dinars n’est pas qu’un chiffre ; c’est le carburant d’une économie qui refuse de subir et choisit d’agir.

L’avis de l’expert : « La garantie de crédit est le chaînon manquant du Plan Solaire Tunisien. En rassurant les banques, l’ANME transforme le soleil en une monnaie d’échange crédible. »

Source : ANME – Convention relative à la gestion du Fonds de Garantie

Pour savoir plus d´actualités national: solarbox.com.tn/category/actualites/national

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